Qu’est-ce qui fait une belle-mère ? Je me suis posé la question de nombreuses fois. Julia, dont vous découvrirez l’interview ci-dessous me l’a également demandé il y a quelques mois. Pour moi, la réponse était claire : à partir du moment où on est en couple avec une personne qui a un ou des enfants, on est belle-doche, même si on ne vit pas sous le même toit. Elle m’a répondu qu’elle ne se sentait pas belle-mère parce qu’elle vit loin de son amoureux, qu’ils ont chacun un enfant et qu’elle ne s’occupe pas de celui de son mec. Je me suis dit que ce serait intéressant d’échanger sur nos visions de la belle-maternité et qu’elle me raconte sa situation de maman et femme en couple avec un homme qui a un enfant.
Puis on a fait l’interview et j’ai réalisé qu’en fait, c’est elle qui avait raison, que s’ils ne vivent pas ensemble et que la belle-doche ne voit jamais son bel-enfant, ce n’est pas une belle-doche (attendez, il y a encore un rebondissement insoutenable). Mais d’autres ne voient pas ça comme ça. Sur les réseaux sociaux, je vois fleurir des comptes de femmes en couple depuis deux semaines avec un mec qui est père. Elles y partagent leur quotidien et questionnements de belle-daronne. Je ne vais pas vous le cacher, ma réaction initiale a été de dire “meuf, c’est ta situation depuis deux semaines, calme-toi” (déjà demander de se calmer à une femme ce n’est JAMAIS une bonne option), comme s’il fallait qu’elles acquièrent de l’expérience, qu’elles fassent leurs preuves avant de pouvoir s’arroger le titre et la couronne. C’était une réaction complètement idiote car c’est justement dans les premiers mois de rencontre des enfants et d’apprivoisement de la situation globale qu’on a probablement le plus besoin d’aide et de soutien. La réalité est souvent bien plus dure que ce que l’on s’imaginait et le besoin de parler de cette dissonance est immense. Je ne sais toujours pas ce qui fait une belle-doche et je ne suis personne pour dire à Julia “ben si ma cocotte, t’as les deux pieds dedans”, tout comme je ne suis personne pour dire à ces femmes qui se sentent belles-mères avant même d’avoir rencontré Clara et Capucin qu’elles ne pourront se considérer belles-mères qu’après avoir répété 817 fois à leurs beaux-enfants d’aller se brosser les dents.
Déjà parce qu’être belle-mère ne se gagne pas comme totem d’immunité après une épreuve de Koh-Lanta et parce qu’être belle-doche, et c’est l’ambition de cette newsletter, est surtout une réalité qui s’éprouve de mille manières différentes, ce n’est pas juste une étiquette que d’autres peuvent coudre à l’intérieur de vos t-shirts pour vous. Alors oui, Julia ne vit pas avec l’enfant de son mec, elle-même ne se considère pas tout à fait comme une belle-mère, mais je pense que ses questionnements et son approche peuvent en aider plus d’unes à déculpabiliser. J’espère que ce témoignage d’une belle-mère-pas-belle-mère-on-sen-fout vous apportera un autre éclairage sur les premiers mois en belle-daronnie.
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